Li belugas de la Diva : "Réparation"
- 30 avr.
- 4 min de lecture

Je respire mieux
Aujourd’hui, début des vacances scolaires du printemps 2026 et avant de prendre un peu de repos, donc, je respire mieux.
Pourquoi me direz-vous ?!
Je tiens à apaiser les choses et à dire clairement que je suis sincèrement ravie du changement de municipalité à Nice, parce qu’il marque une volonté de revenir à plus de sobriété, de faire des choix responsables, et de sortir d’une logique de bling-bling réservé aux ultra riches, qui ne correspond pas à ce que j’attends de l’action publique ni à ce que doit être Nice.
Nissa la Bella.
Je rappelle aussi que je chante en niçois, une langue que je porte depuis des années, et qui fait partie intégrante de mon travail et de mon identité artistique.
Je préfère aussi mettre les choses au clair : je n’ai pas besoin qu’on m’explique la vie ni qu’on me dise ce que je dois penser. Je sais exactement ce que j’ai vécu et ce que j’ai fait, je sais aussi ce que j’ai vu et je regarde les actes.
Des années face à un mur
Ensuite, parce que mon parcours avec l’ancienne municipalité a été, pendant des années, un véritable mur. J’ai frappé à toutes les portes, rencontré les services, remis une lettre en main propre au maire. Il n’y a jamais eu de suite. Combien de fois en ai-je pleuré et cela faisait ricaner beaucoup de gens méchants et jaloux…
Je me faisais moquer pour chanter en niçois. Clairement.
Cela fait pourtant plus de 20 ans que je chante à Nice. Et, pendant tout ce temps, j’ai eu le sentiment d’être systématiquement invisibilisée.
J’en ai fait une très longue dépression. Mais en fait ma personnalité c’est que quand on essaye de me bloquer par la porte, je passe par la fenêtre.
J’ai fait de ce rejet ma force. Les murs rencontrés m'ont finalement permis de devenir celle que je suis aujourd'hui.
Une reconnaissance ailleurs, un silence ici
En 2009, j’ai représenté Nice au Conseil de l’Europe pour l’Eurovision des langues régionales. Malgré cela, malgré un travail constant et reconnu par le public, rien n’a été construit localement. Avec ma mère, nous avions écrit à toutes les Associations niçoises parce qu’il y avait un vote du public soumis à un vote sur Internet et personne n’avait répondu.
En 2016, alors que j’étais suspendue de mes fonctions pour avoir dénoncé une corruption financière, j’ai quand même trouvé la force de venir chanter, juste après les attentats, pour les familles, lors de l’hommage blanc.
J’y ai donné ce qu’il me restait d’énergie.
Et je le dis simplement : en dehors de Nice-Matin et de Éric Ciotti, tout le monde a fait comme si cela n’avait pas existé. Mon nom a été oublié.
Ce n’était peut-être pas le sujet, mais cela dit beaucoup.
Construire seule
Alors j’ai fait autrement.
Je me suis développée en indépendante. J’ai investi dans mon propre studio. Je suis devenue autrice, compositrice, interprète, productrice, réalisatrice.
Enregistrée officiel officiellement dans toutes les sociétés parisiennes comme la SACEM, la SPEDIDAM, la SCPP, qui, d’ailleurs, au passage, avaient plus de respect pour mon travail que les responsables niçois.
Tout cela en menant de front mon métier (ou du coup j’ai eu des problèmes pendant très longtemps pour avoir été lanceuse d’alerte) et ma vie de mère célibataire dans une région où tout est cher.
Aujourd’hui, certaines de mes chansons ont dépassé les 50 000 vues, et même bien plus pour certaines. Sans soutien institutionnel, mais avec un public fidèle et par la force du travail. La chanson du marché, notamment, continue de toucher largement.
Dire les choses clairement
Je veux aussi dire une chose avec honnêteté :
Éric Ciotti est le seul responsable politique d’envergure qui, à un moment donné, est venu me féliciter après m’avoir entendue chanter, et qui s’est déplacé pour voir concrètement mon travail.
Et malgré un emploi du temps ultra chargé et des urgences à traiter.
Ça aussi ça m’a beaucoup touchée.
Mais au-delà des personnes, ce qui compte pour moi aujourd’hui, c’est l’avenir.
portrait de Zine qui promeut l'identité et la langue niçoise, photo extraite du clip "Non plus ren m'estona"
Une langue vivante, pas un folklore
La langue niçoise n’est pas un folklore. C’est une langue vivante, chargée d’affect, de mémoire, d’identité. Le travail que je porte depuis des années s’inscrit là-dedans, avec exigence et sincérité.
Si le nouveau Maire de Nice et également l’adjointe aux traditions niçoises, que je connais aussi depuis des années, et qui elle aussi a vécu méchancetés, blocages et moqueries porte les mêmes idées, alors c’est parfait.
Et qu’on ne ne vienne pas me parler d’un supposé « fascisme » car personnellement, je ne connais pas beaucoup de personnes qui vont animer des ateliers de cuisine, niçoise dans des quartiers difficiles, sans aucun financement, juste par la foi du cœur…
Poser ses limites
Enfin, je précise clairement que tout message d’insulte ou de manque de respect sera bloqué sans réponse. Ceux qui ne sont pas contents de ce que je dis n’ont qu’à s’écarter d’eux-même.
Je n’ai plus aucune place pour ce type d’échanges.
Trop souvent, derrière ces attitudes, il y a aussi des années de silence face à des situations difficiles, il y a la jalousie et la mesquinerie. Aujourd’hui, je choisis simplement de ne plus les laisser entrer dans mon espace.
Avancer
J’avance avec ce nouveau contexte avec espoir. Pas dans la polémique, mais avec l’attente simple d’être enfin considérée à la hauteur du travail accompli.
Mais surtout parce que je sens que les valeurs que je défends et qui m’ont valu d’être mise au banc sont maintenant et enfin à l’ordre du jour…
Parce que derrière tout cela, il ne s’agit pas seulement de moi. Il s’agit de ce que nous choisissons de faire vivre, ou non, ici à Nice.
La baieta, de còr,
Zine








