Les radios qui font vivre les chansons de Zine
- 23 juin
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 juin
Les radios qui font vivre les chansons de Zine...ne sont pas vraiment en Pays Niçois...
Les chansons de Zine, circulent aujourd’hui à travers un réseau de radios qui, chacune à leur manière, laissent entrer des voix que l’on entend rarement ailleurs.
Ce ne sont pas seulement des diffusions.
Ce sont des respirations, des passages de relais, des antennes qui acceptent de ne pas tout lisser, de ne pas tout uniformiser.
Car il est vrai que certaines radios ignorent encore trop souvent les artistes en langue régionale (aucune diffusion en playlist pour moi à Nice alors que je chante en niçois et que plusieurs de mes chansons ont dépassé les 50 000 écoutes sur les réseaux), préférant la culture dominante.
N'est-ce pas également de la discrimination au final ?
Refus d’invitations et rappel de conditions de respect dans les médias
J’ai récemment décliné une invitation de Ici Azur. La raison est simple : il m’est difficile d’accepter des invitations d’un média qui explique ne pas pouvoir diffuser les auteurs-compositeurs s’exprimant dans la langue historique de ce territoire, tout en souhaitant régulièrement les inviter à l’antenne comme "bête de foire”..
En effet; ne souhaite pas être invitée comme une curiosité folklorique ou culturelle, mais bien être considérée avant tout comme une artiste, une autrice-compositrice et une créatrice.
Cette décision est également liée à une expérience particulièrement douloureuse.
Lors d’une invitation en 2025 pour une émission où on m’avait promis que je pourrais enfin chanter une chanson en entier, je me suis retrouvée confrontée à ce qui s’est révélé être un piège sous forme de caméra cachée avec une agression à caractère sexuel en pleine émission et, dont j’ai considéré le procédé comme profondément irrespectueux.
J’ai quitté les lieux en larmes tant le manque de considération m’avait profondément blessée.
J’ai alors dû faire intervenir un avocat afin d’obtenir des excuses. J’ai également obtenu que cette séquence ne soit pas diffusée, ce qui témoigne du caractère problématique de la situation et du préjudice qu’elle était susceptible de me causer.
Voici d’ailleurs ce courrier :
Depuis, je n’ai plus du tout de nouvelles de cette radio de service public, qui donc ne diffuse toujours pas les chansons et ne parle plus de mon actualité…
J’ai choisi de préserver ma dignité et mon travail. Je reste ouverte aux médias qui souhaitent parler de ma musique dans le respect de mon parcours artistique et de la langue que je défends, mais je refuse désormais les situations où cette culture est traitée comme une curiosité plutôt que comme une expression artistique et patrimoniale légitime.
La grande Occitanie linguistique
On me demande parfois pourquoi j’utilise souvent le mot « occitan » pour parler de mon travail alors que je chante en niçois.
La réponse est simple : ce n’est pas une posture idéologique, c’est la réalité de mon parcours.
Je ne suis pas diffusée dans ces territoires parce que je me serais un jour proclamée « artiste occitane ».
C’est exactement l’inverse.
D’ailleurs, bien souvent, je n’envoie mon communiqué de presse aux médias du 06, mais en fait ces radios font leur travail journalistique et s’abonnent eux-mêmes aux artistes des langues régionales qui ont de l’influence… ils vont les chercher !
Depuis des années, des radios, des programmateurs, des bénévoles et des passionnés de ces territoires ont choisi de diffuser mes chansons, de les faire connaître et de les défendre.
Ils ont considéré que ce travail faisait partie de la diversité culturelle et linguistique qu’ils souhaitent mettre en avant. Vraiment, je les remercie, cela me touche beaucoup.

Une musique qui voyage loin
Certains territoires ont fait le choix de défendre une France plurielle, riche de ses langues, de ses cultures et de ses identités locales, et mes titres voyagent au-delà des frontières locales, portés par des radios qui programment ces créations dans leur quotidien d’antenne.
Ils sont diffusés dans les départements suivants, sur la bande FM :
DORDOGNE
LOT-ET-GARONNE
HAUTE-VIENNE
LOT
GERS
PYRENNES-ATLANTIQUES
HAUTES-PYRENNEES
AVEYRON
HAUTE-GARONNE
AUDE
LOZERE
HERAULT
GARD
TARN
MORBIHAN
COTES D’ARMOR
MARTINIQUE
Et également à l’international :
FRANCE, BRESIL, BELGIQUE, ESPAGNE
Voici le détails de ces radios FM
C’est aussi pour cette raison que j’emploie parfois plus volontiers le terme « occitan » pour parler de mon travail que les termes « niçois » ou « provençal ».
Mes chansons sont diffusées sur des radios FM qui couvrent un vaste territoire occitan, bien au-delà du seul pays niçois.
Rádio Cultura de Curitiba 930 KHZ à Curitiba au Brésil
Radio Equinoxe à Namur en Belgique FM 106.4
RCF Pays Tarnais FM 99.8 Toulouse
Radio Occitania à Toulouse
Radio Albiges à Albi FM 95.4
Antenne d'òc à Cahors FMR
Ràdio Lenga d'òc FM 95.4 à Montpellier
Ràdio País à Pau
Radio ICI Périgord
Radio Inter-Val FM 103.4 dans le Gard
Radio Gure Irratia 106.6 FM à Bayonne
Intimidad Relax (Espagne) 106.4 FM
Plum’FM 102.1 dans le Morbihan
Radio Kreiz Breizh dans les Côtes d’Armor
Oilsjt Mjoezik à Aalst en Belgique
Radio 98.9 FM Saint-Pierre-Et-Miquelon
Je sais que cela peut agacer certains Niçois, qui préféreraient que je mette davantage en avant l’appellation « niçoise ».
Pourtant, la réalité est que la diffusion d’un artiste dépend aussi du soutien qu’il reçoit.
Réclamer les artistes niçois sur les radios, demander leur programmation, partager leurs créations et les défendre lorsqu’ils sont absents des médias sont des gestes concrets qui permettent à une scène culturelle d’exister et de rayonner.
J’ai toujours porté haut les couleurs de Nice et de sa langue. Mais lorsqu’il s’agit de faire vivre cette musique au quotidien, il faut aussi que le public, les institutions et les acteurs culturels s’en emparent.
Une culture ne se préserve pas seulement par des discours ; elle se maintient vivante lorsque ses artistes sont écoutés, soutenus et demandés.
Il y a aussi des radios internet
Ràdio Nissa Pantaï (Nice) merci à eux !
Radio Cap à Cap (Landes)
Radio 3S Solar Sound System
FLP Radio (Villeneuve-Loubet)
Des antennes qui choisissent d’ouvrir leur programmation
Certaines radios ne se contentent pas de diffuser : elles choisissent d’intégrer ces répertoires dans leurs programmations, de leur donner une place réelle, continue, assumée.
Dans ces espaces, les langues régionales ne sont pas un décor ni une curiosité : elles sont de la musique à part entière, diffusée comme les autres.
Le Sud-Est en retrait
Pour ce qui est de Nice et de la Provence, la Région Sud....on repassera donc...(à part la radio niçoise associative Radio Nissa Pantaï et FLP à Villeneuve-Loubet).
Peut-être parce que nous sommes le pays de la Star'Ac ?
Peut-être parce que ce sont les parisiens qui dictent leur loi à Nice ?
Pour ce qui concerne Nice, la Provence et plus largement la Région Sud donc, le constat reste le même : la présence des artistes locaux chantant dans les langues du territoire demeure très limitée dans les circuits de diffusion dominants.
La richesse artistique existe pourtant, elle est réelle, vivante, multiple. Mais elle circule peu dans les médias généralistes, qui privilégient souvent des formats standardisés, des esthétiques uniformisées et des logiques d’audience qui laissent peu de place aux expressions régionales, aux langues minoritaires et aux projets indépendants.
Cela pose une question de fond : quelle place donne-t-on aujourd’hui à la création ancrée dans un territoire ? Et surtout, qui décide de ce qui mérite d’être entendu ?
On peut y voir plusieurs facteurs.
D’abord une centralisation persistante des choix culturels et médiatiques, où les grandes tendances nationales écrasent souvent les scènes locales.
Ensuite, une logique de programmation orientée vers la rentabilité immédiate et la visibilité rapide, au détriment du travail de fond, de la durée et de la transmission.
Il y a aussi un phénomène plus large de normalisation culturelle, où certaines formes d’expression sont valorisées parce qu’elles correspondent à des standards médiatiques dominants, tandis que d’autres sont reléguées à des niches, même lorsqu’elles sont profondément ancrées dans l’histoire et le patrimoine vivant des territoires.
Dans ce contexte, les langues régionales et les artistes qui les portent se retrouvent souvent à devoir exister en dehors des circuits institutionnels classiques, malgré leur légitimité artistique et culturelle.
Ce n’est donc pas une question de manque de création, mais bien de reconnaissance, de visibilité et de choix éditoriaux.
Je me pose la question du :
"pourquoi les Niçois ne sont-ils pas fiers de leur identité, comme cela se retrouve dans les autres régions ?" Pourquoi nous sommes-nous laisser "bouffer" de la sorte, alors que nous avons eu un Prix Nobel en Provence ? Pourquoi quasiment aucune diffusion dans la langue autochtone sur les radios en Région Sud alors qu'elles sont bien souvent financées par NOS impôts et que la loi française demande de considérer nos langues comme des trésors nationaux à préserver ?!
Un réseau réel de diffusion
Ce qui existe aujourd’hui repose sur un ensemble de radios très différentes, mais reliées par un point commun : le choix de faire circuler ces musiques.
Certaines sont locales, d’autres régionales, d’autres encore internationales.
Certaines sont militantes, d’autres simplement curieuses. Mais toutes participent, à leur manière, à la présence de ces chansons dans le paysage sonore.
Je les remercie !
Conclusion
Ce que dessine cette diffusion, ce n’est pas une exception.
C’est une réalité.
Des radios existent, diffusent, relaient.
D’autres ne le font pas. Entre les deux, les artistes avancent, circulent, trouvent des chemins.
Et la musique continue de passer là où on lui ouvre la porte.




