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Li belugas de la diva : la popularité comme ojectif ou comme conséquence ?

  • 27 mars
  • 3 min de lecture

Nice a toujours eu ce double visage. D’un côté, une identité riche, populaire, profondément ancrée. De l’autre, un vernis bling-bling omniprésent, où l’image semble parfois primer sur tout le reste.


La popularité comme finalité ou comme conséquence ?


Je n’ai jamais regardé ce qu’on appelle les émissions de télé-réalité — trop loin de ce que j’appelle un rêve. J’ai toujours trouvé ça franchement ridicule. Et pourtant, combien de fois ai-je été sollicitée pour participer à ce type de casting… Un autre jour, peut-être, je raconterai.


La vérité, c’est que, la plupart du temps, j’ai envoyé bouler le système. Je n’ai même jamais voulu y aller, tant cela allait à l’encontre de mes convictions.


Et puis il y a eu une exception.

En 2007, j’ai accepté de me présenter au casting niçois de la Star Academy. J’ai été sélectionnée pour Marseille. Une expérience brève, mais révélatrice.



Là-bas, j’ai croisé Pascal Nègre, alors directeur de Universal Music. Je l’ai trouvé d’une prétention et d’un mépris assez sidérants. À tel point que je l’ai envoyé « c… à la vigna ». Sans regret.


Cet épisode m’a d’ailleurs inspiré une action au Midem, une manifestation à ma manière, artistique et engagée :https://www.zine.fr/parolesdechansons/categories/li-belugas-de-la-diva


Ce rejet n’est pas sorti de nulle part. Très tôt, j’ai perçu ce milieu comme profondément problématique : instrumentalisation des personnes, logique de formatage, fascination pour la visibilité au détriment du sens. Mes parents eux-mêmes étaient réticents à me voir m’engager dans cette voie.


Avec le recul, une figure me revient aujourd’hui avec force : Loana. Admirée, exposée, puis moquée. Derrière l’image, il y avait une personne. Et sans doute une fragilité que ce système n’a ni protégée, ni accompagnée — bien au contraire.



On ne le dira jamais assez : être connu n’est pas un objectif. C’est une conséquence.


On ne le dira jamais assez : être connu n’est pas un objectif. C’est une conséquence. Une conséquence possible d’un travail, d’un talent, d’un parcours. Mais certainement pas une finalité. Faire croire le contraire, c’est mentir — et c’est dangereux.

Je me suis toujours battue pour proposer autre chose. Pour montrer qu’il existe d’autres chemins, d’autres formes de réussite, plus exigeantes, plus lentes peut-être, mais infiniment plus solides.


Sur la Côte d’Azur, il faut aussi avoir l’honnêteté de regarder les choses en face.

Le paraître y est omniprésent.

Le bling-bling s’impose comme une norme, presque comme un horizon. On valorise ce qui se voit, ce qui brille, ce qui s’affiche. Pour des jeunes en quête de reconnaissance, le piège est redoutable.


Toute une génération a été nourrie à cette illusion : exister parce qu’on est vu. Réussir parce qu’on est exposé.

Mais la lumière, lorsqu’elle n’est pas construite sur du solide, finit par brûler.


Derrière, combien de jeunes utilisés, façonnés, puis abandonnés ? Combien à qui l’on a promis une vie hors norme, coupée du réel… et qui ne s’en sont jamais remis ?

Oui, certains s’en sortent. Mais à quel prix pour les autres ?


J’ose espérer que, parmi ceux qui fabriquent ces parcours, certains auront parfois du mal à dormir. Parce que derrière les audiences et les contrats, il y a des vies.

Il faut aussi avoir le courage de le dire : le système politique porte une part de responsabilité. En valorisant principalement les artistes qui entrent dans ces logiques de visibilité, d’argent et de formatage, il entretient ce modèle.


Pendant ce temps, des artistes indépendants, novateurs, porteurs de sens et de diversité culturelle, restent dans l’ombre. Non pas par manque de talent, mais faute de soutien réel.


Loana, la Niçoise.

Paix à son âme.


Et une pensée sincère pour ses proches.

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