top of page

La culture niçoise étouffée sous des promesses non tenues...de la nécessité de s'organiser de manière indépendante...

  • 11 févr.
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 févr.


Nice, capitale de la culture ? La culture niçoise étouffée sous des promesses non tenues


Dans une ville qui se veut “capitale événementielle”, le soutien à la création contemporaine semble rester un vœu pieu, à moins qu’il ne s’agisse de folklore ou de tradition figée.


L’artiste niçoise Zine, chantant en niçois, se bat depuis plus de 20 ans pour voir son travail reconnu et soutenu par les autorités locales.


Pourtant, malgré des années de démarches, de succès populaires et une carrière saluée à l’échelle européenne, elle se heurte inlassablement à des murs.



Zine, membre de l’Acadèmia Nissarda et du Felibrige, enseignante et créatrice active, se voit refuser tout soutien de la part de la municipalité de Nice.

Elle n’est même pas autorisée à se produire autrement qu’à de rares occasions (une fois par an, à la Fête des Mai), sous des conditions peu favorables à l'écoute des chansons.


Alors que la ville se targue d’une richesse culturelle et qu’elle est en quête de reconnaissance européenne, des artistes comme Zine sont relégués à l’ombre, faute de subventions, de soutien logistique ou même d’écoute de la part des services municipaux.


Mais ce n’est pas seulement Zine qui fait face à cette situation.


Elle parle aussi au nom des autres créateurs de la langue niçoise, qui n’ont pas forcément l’envie ou les moyens de se battre dans ce climat de rejet systématique, car celui qui parle risque encore plus l'ostracisation.

Dès qu’un artiste de la région soulève les problèmes, la communication se coupe. L’indifférence semble régner dans les couloirs des institutions, laissant ces créateurs se débrouiller seuls, sans aucun appui.


"Il est difficile de comprendre cette politique de l’inaction. Pourquoi une ville qui cherche à préserver sa culture niçoise, comme le souligne le maire Christian Estrosi dans ses discours, refuse-t-elle de soutenir les artistes qui créent dans cette langue vivante, moderne et résolument ancrée dans le présent ?"

La langue niçoise, loin d’être une langue du passé, s’intègre parfaitement dans le monde actuel, comme le prouvent de nombreuses pièces de théâtre qui commencent à se populariser en dehors des cercles restreints. Ces œuvres ne sont pas confinées à des événements folkloriques, mais s’adressent à un public plus large, bien au-delà des traditionnalistes et des passionnés de la langue. Des créations actuelles, qu’il s’agisse de pièces de théâtre modernes, de spectacles ou de chansons, montrent que le niçois peut être aussi vivant, dynamique et actuel que n’importe quelle autre langue. Malheureusement, malgré cette effervescence et cette capacité d’adaptation, les projets artistiques en langue niçoise, comme ceux de Zine, restent dans l’ombre.


La mairie semble ne pas comprendre que le niçois n’est pas une langue figée, et que l’on peut parfaitement créer des œuvres artistiques de très haute qualité en niçois, sans que cela soit perçu comme quelque chose de “rétrograde” ou de “bizarre”.


Zine, par exemple, a prouvé qu’il était possible de créer de la musique moderne, du jazz, et même de l’électro en niçois, tout en restant fidèle à l’esprit créatif et innovant des genres musicaux. L’idée reçue que le niçois ne peut pas être moderne, que c’est une langue “ancienne”, est une idée fausse qui dévalorise l’essence même de la culture niçoise.


Zine, à l'Eurovision des langues régionales il y a déjà 16 ans, a dignement représenté la culture niçoise.



D’autant plus incompréhensible est le soutien apporté à d’autres figures de la culture occitane, comme l’artiste Ben, qui, pourtant, était un fervent défenseur de la langue et de la culture occitanes.



"Bien que toute la ville de Nice lui ait rendu hommage à son décès, son engagement occitan est largement ignoré, et son côté visionnaire sur la préservation de la langue occitane n’est pas mis en avant comme il le devrait. Il est étonnant de constater que la ville lui rend hommage, mais qu’elle néglige l’aspect de son engagement pour la langue et la culture occitanes. Pourquoi une ville qui revendique la culture locale et européenne semble si réticente à soutenir ceux qui, comme Ben, ont défendu avec ferveur l’identité occitane et qui, aujourd’hui, ignorent les artistes actuels qui œuvrent dans ce même domaine ?"

Par ailleurs, toutes les salles municipales, censées être des lieux de soutien à la culture locale, sont fermées aux spectacles modernes en langue niçoise.


Alors que Zine propose des créations innovantes et actuelles, qui peuvent séduire un large public, elle se heurte à des murs, à une indifférence systématique. Pourquoi ces mêmes institutions qui se revendiquent fièrement comme les gardiennes de la culture niçoise ferment-elles les portes aux artistes qui font vivre cette langue aujourd’hui ?


Zine, dont les chansons sont largement appréciées par la population, ne comprend pas cette incohérence.

Elle parle d’une « violence institutionnelle », de l’épuisement engendré par des années de démarches infructueuses.


"Il est navrant de constater qu’à Nice, une artiste qui fait rayonner la culture locale à travers ses créations musicales modernes se voit systématiquement exclue des projets municipaux".

Le paradoxe est d’autant plus frappant que la ville de Nice, quand cela l’arrange, n’hésite pas à se servir de l’image de Zine. Lors du confinement, ses vidéos ont été largement diffusées pour maintenir le lien social et la culture vivante dans la ville. Pourtant, malgré cette exploitation ponctuelle de son travail, Zine n’a toujours pas reçu de financement public de la Ville de Nice, ni de soutien substantiel pour son travail depuis plus de 20 ans.


Les Niçois, eux-mêmes étonnés par cette situation, n’arrivent pas à comprendre comment une artiste aussi impliquée dans sa ville, qui apporte de la visibilité à la culture niçoise, puisse être ignorée par les autorités municipales. À tel point que certains, choqués par cette absence de soutien, n’arrivent même pas à croire que la situation soit réelle.


De plus, Zine n’a pas hésité à rendre hommage aux victimes des attentats du 14 juillet 2016 à Nice. Elle a pris la parole en chanson pour honorer les victimes et apporter un message de solidarité et de résilience à la ville meurtrie.

Ce geste, comme tant d’autres, témoigne de son profond attachement à sa ville et à ses habitants, mais aussi de sa volonté de contribuer à l’unité et à la mémoire collective. Pourtant, malgré ce geste de cœur, elle reste ignorée par la municipalité dans ses efforts pour faire vivre la culture niçoise contemporaine.


Pourquoi donc, une artiste féminine comme Zine ne reçoit-elle pas un soutien à la hauteur de son engagement et de son travail, contrairement à ses homologues masculins dans d’autres domaines ?


La situation semble d’autant plus injuste quand on considère que son travail a été reconnu bien au-delà des frontières de la région niçoise, dans toute la zone occitane et au-delà, avec des distinctions prestigieuses, telles que sa participation à l’Eurovision des langues régionales en 2009.


Pourtant, à Nice, une telle artiste semble invisible pour les institutions.


Cette question de reconnaissance est d’autant plus frappante lorsque l’on évoque le décès récent de deux autres figures de la scène artistique niçoise : Christian Bezet et Dédé Truchi.


Ces deux artistes, récemment disparus, ont laissé un héritage culturel précieux, mais à ce jour, aucun hommage public n’a réellement été rendu à leur mémoire. Aucune cérémonie, aucun événement de la part des autorités municipales pour célébrer leur vie, mais surtout : leur travail. Ces hommes, qui ont enrichi la culture niçoise, mériteraient d’avoir leur nom inscrit dans une école, dans un lieu public, mais cela ne semble pas à l’ordre du jour pour la municipalité. Il est inconcevable que de tels artistes, qui ont marqué la scène locale, soient ainsi oubliés. Leur absence dans les hommages officiels reflète la manière dont la ville semble ignorer les artistes qui ne rentrent pas dans une forme de “tradition” figée.


La situation est d’autant plus absurde quand on sait que la même ville se dit prête à être une capitale européenne de la culture. Alors que des artistes dans d’autres régions bénéficient d’un véritable soutien institutionnel pour promouvoir leurs langues et cultures régionales, à Nice, l’artiste niçoise se bat seule. Elle est devenue son propre mécène, un modèle de résilience face à un système qui la laisse se débrouiller, à force de travail et d’endurance.


Zine, fatiguée de parler dans le vide, a décidé de rendre publique sa démarche. Elle a adressé une lettre ouverte à Christian Estrosi, demandant un rendez-vous pour discuter de la situation. Pourtant, cette lettre, qui est restée sans réponse a été ignorée.


Elle exige des actes, pas des paroles.

« Je veux que ma ville me laisse occuper la place que je mérite, et que nous puissions travailler main dans la main au service de la langue, de la culture et des Niçois », écrit-elle.

Mais au-delà de ses propres préoccupations, cette situation soulève une question plus large : quelle est réellement la place de la culture niçoise contemporaine dans une ville qui ne semble prête à financer que les aspects traditionnels et figés ?


Nice, qui se veut capitale de la culture, semble oublier que la culture vivante, qu’elle soit traditionnelle ou moderne, a besoin de soutien pour prospérer.


En refusant de soutenir des artistes comme Zine, la ville se prive d’une opportunité de se distinguer par une culture dynamique, inclusive et résolument moderne. Si Nice souhaite réellement incarner la culture du XXIe siècle, il est grand temps que ses institutions se réveillent et accordent à ses créateurs la reconnaissance qu’ils méritent.


Et la population, elle, ne se contente pas de rester silencieuse. Nombreux sont les Niçois qui se posent la question : pourquoi une artiste comme Zine, qui contribue à la vitalité culturelle de la ville, est-elle ignorée par les services municipaux ? La ville semble perdre une occasion précieuse de valoriser sa culture locale, et c’est cette incohérence qui résonne dans les rues de Nice.


Les médias en langue régionale : une réalité ignorée


Un autre aspect du problème réside dans les médias en langue régionale. À Nice, plusieurs tentatives ont été faites pour créer des médias en niçois, que ce soit à travers des publications, des émissions radio ou des sites web.


Ces projets ont souvent été portés par des bénévoles passionnés, mais, malgré l’engagement des créateurs, aucun modèle économique viable n’a pu être mis en place. Ce manque de soutien et de financement institutionnel empêche la création d’emplois professionnels et la pérennisation de ces initiatives.


Contrairement à d’autres régions, où des moyens conséquents sont alloués pour soutenir les médias en langues régionales (comme en Bretagne, en Occitanie ou en Catalogne), la langue niçoise reste marginalisée.


Et les médias de service public ne diffusent pas non plus les oeuvres des artistes niçois (cliquer sur le lien pour comprendre...)


La situation à Nice est d’autant plus frustrante pour les défenseurs de la culture niçoise, qui voient bien que leur travail reste invisible dans les espaces médiatiques locaux. Pourtant, la langue niçoise est un patrimoine vivant, une richesse culturelle qui pourrait, avec un réel soutien, prendre sa place dans le paysage médiatique de la ville. Malheureusement, cet espace reste largement ignoré, malgré l’engagement de nombreux bénévoles et passionnés.


Une fois de plus, la ville semble fermer les yeux sur une opportunité de valoriser sa langue et sa culture à travers des médias modernes et accessibles.


Un modèle d’autofinancement basé sur la demande populaire


Face à l’absence de soutien institutionnel et aux difficultés rencontrées pour obtenir des financements publics, Zine a dû faire preuve d’une grande créativité et d’une indépendance totale pour financer ses créations.



Pour cela, elle a lancé un organisme de formation "Le niçois en accéléré" qui lui permet non seulement de partager son savoir-faire, mais aussi de récolter des moyens financiers pour continuer à produire de la musique de qualité.


De plus, Zine a développé sa propre boutique en ligne et mis en place un système d’abonnements VIP pour ses fans, leur permettant ainsi de soutenir directement son travail. Ce modèle économique, entièrement porté par la générosité du public, est un moyen de compenser les manques structurels de financement et de reconnaissance. Grâce à l’engagement et à la fidélité de son public, Zine parvient à maintenir son activité artistique, prouvant ainsi qu’il existe une réelle demande pour la musique et la culture niçoises.


Par exemple :


Cantates d'Azur - livre et double CD 27 titres
€35.00
Acheter
Zine - Double album Cantar la vida cantar l'esper
€30.00
Acheter


Ce système d’autofinancement, bien que nécessaire pour la survie de l’artiste, démontre également que la population, loin de se contenter d’une offre culturelle limitée, cherche à soutenir les artistes locaux lorsqu’ils sont mis à l’écart par les structures institutionnelles.


Ce soutien populaire est la preuve que, malgré l’absence de moyens publics, il existe une véritable soif de culture vivante, moderne et ancrée dans la langue niçoise.


A bientôt ! A lèu !


Zine


Zine

Merci de prendre un temps pour signer la pétition : "On est pas des santons !"



Commentaires


bottom of page