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Ten-te fièra ! À Bairols, la langue niçoise a résonné au cœur des Estivales 06

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Vendredi 17 juillet 2026, j’ai eu le bonheur de présenter mon récital « Ten-te fièra ! » dans le magnifique village de Bairols, à l’occasion des Estivales 06.

Une soirée placée sous le signe de la musique, de l’émotion et du partage, mais aussi sous le signe de la transmission : celle de nos langues régionales, de nos histoires et de notre identité.

Un immense merci au Département des Alpes-Maritimes pour son engagement en faveur de la culture à travers les Estivales 06, qui permettent à la musique d’aller à la rencontre de tous les publics, jusque dans les villages les plus éloignés.


Merci également à la commune de Bairols et à tous ses habitants pour leur accueil si chaleureux. Vous nous avez offert une soirée magnifique, remplie de sourires, de rencontres et de moments précieux.


Au-delà du concert, cette soirée fut un véritable plaidoyer pour les langues régionales et la diversité culturelle.


"Ten-te fièra !" : un spectacle pour redonner sa fierté à la langue niçoise !

photo de Zine juste avant le récital, sur la place du village
photo de Zine juste avant le récital, sur la place du village

Faire vivre une langue, c’est la faire chanter


Une langue ne disparaît jamais d’un seul coup. Elle s’efface lorsque plus personne ne la parle, ne la chante ou ne la transmet.


La langue niçoise est bien plus qu’un patrimoine : elle est la mémoire vivante de notre territoire, de son histoire, de ses paysages, de ses traditions et de ses habitants.

Issue de la grande famille de la langue d’oc, elle s’inscrit dans l’héritage prestigieux des troubadours et de Frédéric Mistral, tout en conservant sa personnalité propre, sa musicalité et sa richesse.


"À travers « Ten-te fièra ! », j’ai voulu montrer qu’une langue régionale n’appartient pas au passé. Elle est une langue de création, de poésie, d’humour, de musique et de rencontres."

Parce qu’une langue ne survit pas grâce aux dictionnaires, mais grâce aux femmes et aux hommes qui la font vivre chaque jour.


Les coulisses d’une belle soirée

Avant que la musique ne résonne dans le village, il y a tout le travail invisible : l’installation, les réglages, les échanges entre artistes et techniciens…


Voici quelques images des préparatifs de la scène qui ont permis de donner vie à cette soirée.



Un récital avec le Zine Band Orchestra

Pour cette date des Estivales 06, j’ai eu le plaisir de partager la scène avec des musiciens talentueux qui accompagnent cette aventure musicale :


Georges Malinaric : percussions et chœurs

Jack Garcia : clarinette, flûtes, saxophone et chœurs

Jean-Pierre Babarit : contrebasse, guitare, mandoline, violon et chœurs

Zine : chant, guitare, accordéon, harmonica et percussions

Ensemble, nous avons fait voyager le public entre langue niçoise, langue d’oc, chants populaires et créations contemporaines.




Voici quelques photos souvenir de cette belle manifestation :


Voici le diaporama de ces Estivales : à télécharger ici, nous le présentons sur un écran plat pendant le spectacle, pour une meilleure compréhension de tous/



Un message fort : la langue niçoise partout, pour tous les publics


Cette soirée à Bairols a également porté un message essentiel : la langue niçoise mérite d’être entendue partout.


Elle n’est pas réservée aux spécialistes, ni limitée aux villages du Haut Pays. Elle appartient à tout un territoire et à toutes celles et ceux qui souhaitent la découvrir, la partager et la faire vivre.


Elle a toute sa place dans les grandes manifestations culturelles, dans les festivals et dans les rendez-vous qui rassemblent tous les publics, de la montagne jusqu’au littoral.


Pourtant, cette évidence n’est pas toujours présente dans les choix culturels et touristiques. Les décideurs et les responsables du tourisme n’ont pas toujours conscience que la langue niçoise constitue une véritable richesse, un marqueur fort de notre territoire et un élément d’attractivité à part entière.


Car les visiteurs ne viennent pas seulement chercher des paysages : ils viennent aussi découvrir une histoire, une identité, des traditions et une manière singulière de voir le monde. La langue fait partie de cette expérience.


Une langue vit lorsqu’elle circule. Lorsqu’elle rencontre les générations. Lorsqu’elle sort des lieux où elle est habituellement entendue pour investir les scènes, les festivals et les grands événements.

Après le concert, plusieurs personnes sont venues me confier leur attachement à cette idée :


« La langue niçoise devrait avoir sa place partout, et aussi sur les plus grandes scènes du bord de mer. »

Ces paroles rappellent une évidence : une langue régionale ne doit pas être seulement conservée comme un héritage du passé.


Elle doit être considérée comme une richesse vivante, capable de créer de l’émotion, du lien et de la fierté, aujourd’hui comme demain.


Une rencontre inattendue avec la Tarasca de Bairols


Le lendemain matin, après le concert, une jolie surprise m’attendait.


En visitant le village et en me retrouvant presque « embauchée » pour dépoussiérer les fenêtres de l’église pendant les préparatifs de la fête patronale de Sainte-Marguerite, j’ai eu la chance de découvrir une fascinante légende locale : celle de la Tarasca.


En poussant la porte de l’église Sainte-Marguerite de Bairols, on découvre une œuvre étonnante : une sculpture représentant sainte Marguerite terrassant la Tarasca, ce monstre légendaire qui appartient à l’imaginaire de notre territoire.




Cette représentation rappelle combien, autrefois, les légendes faisaient partie du quotidien. Elles transmettaient des valeurs, une vision du monde et une mémoire collective.


À Bairols, la Tarasca n’est pas seulement une histoire que l’on raconte : elle est inscrite dans la pierre, au cœur même du patrimoine du village.


L’église abrite également de magnifiques œuvres d’art, dont une toile du peintre niçois Jean Rocca, ainsi que de belles fresques qui témoignent de la richesse de ce lieu chargé d’histoire.


Notre patrimoine ne se résume pas à des monuments. Il est aussi fait de récits, de symboles, de chansons et de mémoire.


À nous de le faire vivre et de le transmettre.


Pour les plus curieux, il existe :

(cliquer sur le lien pour la découvrir)


Voici des mots en langue gavòta trouvés dans le village :




Une anecdote formidable : Les enfants en redemandent… à nous de transmettre la lenga nissarda !

Les efants en redemandent… à nous de transmettre la lenga nissarda

J’ai retrouvé avant le concert des élèves de l’école de La Grave de Peille, où j’avais effectué un remplacement il y a déjà deux ans : Margot et Baptiste, dont la famille possède une maison au village.


Je n’étais restée avec eux qu’une seule journée… et pourtant, ils se souvenaient encore d’une chanson que je leur avais apprise : « Palhon Ven », en langue niçoise.


Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cela m’arrive : lors de mon concert à Châteauneuf-Villevieille, au mois de mai dernier, j’avais retrouvé un ancien élève de Peillon qui, lui aussi, se souvenait très bien de cette chanson et de ces moments de découverte autour de notre langue.


Dans un métier d’enseignant devenu aujourd’hui si difficile et parfois si ingrat, ces rencontres sont de véritables cadeaux.


Elles rappellent que derrière chaque apprentissage, chaque chanson, chaque moment de partage, il peut rester une trace durable.


Elles montrent surtout une chose essentielle : les enfants et les familles sont demandeurs de langue niçoise. Ils sont curieux, ils ont envie de découvrir cette richesse, de la chanter et de se l’approprier.


Alors c’est à nous, adultes, enseignants, artistes et acteurs de la culture, de leur transmettre cet héritage vivant. Car une langue ne survit que si elle est parlée, chantée et partagée.


Merci à ces enfants pour cette belle émotion… Viva la lenga nissarda !





Et enfin, voici la chanson "Ten-te fièra !" qui a donné son nom au spectacle :



Merci Bairols pour cette magnifique soirée !

Merci à toutes celles et ceux qui étaient présents, aux équipes des Estivales 06, aux habitants du village, aux bénévoles et aux musiciens qui ont contribué à faire de cette soirée un moment inoubliable.


Bonne écoute et bienvenue dans l’univers de « Ten-te fièra ! »





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