#ParlaPatois, c’est un mouvement de résistance
- il y a 4 jours
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Cela fait plus de 20 ans que je chante en niçois. Depuis plus de vingt ans, j’écris, je compose, je crée des spectacles, je monte sur scène et je fais vivre cette langue avec passion.
Et pourtant, au lieu d’encourager cette démarche, il y a toujours quelqu’un pour venir faire une remarque sur un mot.
« Il ne faut pas dire patois. »
« Il faut dire langue. »
« Non, dialecte. »
« Non, langue d’òc. »
« Non, occitan. »
« Non, sous-dialecte du provençal… »
« Mais non, le niçois, ce n’est pas une langue d’òc »
(voir mon article de blog sur le sujet : https://www.zine.fr/post/benoccitanieculturelle)
Franchement… quoi qu’on dise, on se fait toujours “défoncer”, bien souvent par des personnes qui, dans les faits, ne font rien pour la langue. Absolument rien.
Pourtant, tous ces termes existent et sont justes, selon le contexte dans lequel on les emploie.
Personnellement, mes grands-parents étaient très fiers de dire qu’ils parlaient le patois. Pour eux, ce mot n’avait rien de péjoratif.
Au contraire. #parlapatois
Le « patois », c’est la langue du peuple, la langue du paysan que certains considéraient autrefois comme ignorant et dont on se moquait.
Eh bien moi, j’en suis fière. Fière de la parler. Fière de la chanter.
Fière de lui redonner une place sur les scènes d’aujourd’hui.
Je respecte parfaitement ceux qui n’aiment pas ce mot. Grand bien leur fasse. Mais qu’ils respectent aussi ceux qui l’emploient avec affection et fierté.
D’ailleurs, dans le cadre de mon spectacle, le terme « patois » me permet d’englober plusieurs variantes de notre patrimoine linguistique : le niçois, le provençal, le gavòt, mais aussi d’autres langues latines régionales comme le corse, le sarde ou le sicilien.
Je chante également en italien, en espagnol et même une chanson en arabe.
Le cœur du spectacle reste le niçois, mais il s’ouvre à toute la Méditerranée.
Pendant que certains critiquent donc, moi, je continue d’agir.
J’ai créé plusieurs spectacles.
J’ai composé plusieurs dizaines de chansons. J’ai fondé un organisme de formation pour transmettre la langue niçoise.
J’interviens auprès des adultes comme des enfants.
J’ai créé des jeux de société, un podcast, des vidéos, des formations, des outils pédagogiques… et je continue chaque jour à inventer de nouvelles façons de faire vivre notre langue.
Tout cela représente des milliers d’heures de travail, souvent avec très peu de moyens, parce que je crois profondément que notre langue mérite d’être transmise et entendue.
Alors, plutôt que de passer votre temps à corriger un mot sur les réseaux sociaux, chère Madame, venez voir le spectacle.
Venez écouter les chansons.
Venez participer à cette aventure.
Vous verrez que l’essentiel est ailleurs.
Et puisque vous aimez tant donner des leçons, permettez-moi une simple question :
Que faites-vous, concrètement, pour la langue niçoise ?
Moi, je continuerai à créer, à chanter, à transmettre et à rassembler.
Parce qu’au fond, c’est cela, la véritable résistance.
#ParlaPatois #Nissart #LangueNiçoise #CultureNiçoise #Patrimoine #Transmission #Occitan #LanguesRégionales #Musique #Création #RésistanceCulturelle #Zine
Photo création IA d’après une image de concert de Raphaël Bas
NB : il y a même une chanson sur la fierté de parler en patois du fameux groupe marseillais Massilia Sound System avec un joli texte :


