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Zine, figure de la culture niçoise : paroles d’une artiste libre

  • 11 mars
  • 4 min de lecture

La culture niçoise a parfois des allures de paradoxe. Elle est partout dans les discours, dans les slogans, dans les fêtes… et pourtant, celles et ceux qui la font vivre au quotidien restent souvent dans l’ombre. Dans ce paysage un peu étrange, une artiste trace sa route depuis des années avec une constance presque obstinée : Zine.


Dans le podcast Air06, l’émission Entrevue nissarde propose une conversation rare avec cette voix singulière de la scène locale. Pendant près de 25 minutes, l’artiste se livre sans détour sur son parcours, sa vision de la langue niçoise et les projets qui l’animent aujourd’hui.


L'émission commence avec la chanson parodique en hommage aux joueurs de l'OGC Nice de Zine :



Une voix qui vient de loin… et de l’enfance


Dès les premières minutes de l’entretien, Zine revient sur l’origine de sa relation à la musique. La chanson n’est pas arrivée comme un projet calculé, mais comme quelque chose de profondément organique. Très tôt, elle chante, écrit, explore les mots et les sons.

Chez elle, la musique n’est pas simplement une performance : c’est un territoire d’expression où se mêlent mémoire, identité et émotion. Une manière aussi de faire vivre une langue que beaucoup pensent fragile.


Chanter en niçois : un choix artistique et culturel

Au fil de l’entretien, Zine évoque ses albums mais aussi un projet particulier : le recueil Cantates d’Azur, publié aux éditions Baie des Anges.


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Pourquoi passer par la forme du livre ? Pour fixer les textes, leur donner une existence autonome, au-delà de la musique.

Et surtout, pour affirmer un choix linguistique clair : la graphie classique de l’occitan. Un choix qui n’est pas anodin dans un contexte où les débats autour de l’écriture du niçois restent parfois sensibles. Pour l’artiste, il s’agit avant tout de relier Nice à l’espace occitan plus large et de donner à la langue les outils d’une transmission durable.


L’ombre de 2016

Impossible d’évoquer Nice sans évoquer la blessure de 2016. Dans l’entretien, Zine explique comment cet événement a marqué son écriture et sa manière de chanter.



Après le choc, la chanson devient aussi un lieu de mémoire et de résistance. Les mots changent de poids. Les silences aussi.

La musique se transforme alors en une forme de présence : rester là, continuer à chanter la ville et sa langue malgré tout.


Des réseaux sociaux aux projets d’album


Ces derniers mois, l’artiste a publié plusieurs nouveaux titres sur les réseaux sociaux. Beaucoup s’interrogent : un nouvel album est-il en préparation ?

Sans tout révéler, Zine laisse entendre que quelque chose se prépare. Comme souvent chez elle, les chansons apparaissent d’abord en partage direct avec le public avant de trouver leur forme définitive.


« Le Niçois en accéléré » : transmettre autrement


L’un des projets les plus originaux évoqués dans l’émission est « Le Niçois en accéléré ».

L’idée est simple mais efficace : proposer des capsules courtes pour apprendre ou redécouvrir la langue niçoise. Dans un format accessible, rapide, adapté aux usages actuels.

Une manière de rappeler qu’une langue vit d’abord par celles et ceux qui l’utilisent au quotidien — pas seulement dans les institutions.


La langue niçoise aujourd’hui : entre fragilité et énergie


À une question sur l’état actuel de la langue et de la culture niçoise, Zine répond avec prudence mais lucidité.

La langue reste fragile. Mais elle continue d’exister grâce aux personnes qui la parlent, la chantent, l’écrivent.

Depuis plus de vingt ans, l’artiste fait partie de ces figures qui maintiennent cette présence culturelle, souvent avec peu de moyens mais avec une énergie constante.


Des soutiens… dans un contexte politique particulier


L’entretien aborde également un sujet sensible : les soutiens dont bénéficie l’artiste dans la vie publique.

Dans le contexte actuel des élections municipales à Nice, certains responsables politiques ont manifesté leur appui, notamment Eric Ciotti lors de l'hommage blanc en 2016 et Auguste Verola avec son choix de programmer Zine aux Estivales du Département des Alpes-Maritimes.


Sans entrer dans le terrain partisan, l’émission met surtout en lumière une réalité : la culture niçoise est devenue un enjeu symbolique important dans la vie locale.


Être « reine » aujourd’hui

La dernière question de l’entretien est presque philosophique : que signifie être « reine » aujourd’hui pour une femme et artiste niçoise ?

La réponse de Zine n’a rien de monarchique. Il s’agit plutôt de dignité, de liberté et de fidélité à ce que l’on porte en soi.

Continuer à créer, transmettre et défendre une culture vivante.


Une conversation à écouter

L’entretien proposé par Air06 offre un moment précieux : celui d’entendre une artiste parler calmement de son parcours, de la langue niçoise et de la place de la culture dans la société actuelle.

Dans une époque où tout va vite, cette conversation rappelle une chose simple : une langue survit parce que des voix continuent de la faire entendre.


Et à Nice, la voix de Zine en fait clairement partie.


Emission à découvrir ici :



Retrouvez ici le dernier album de Zine :


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