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Li belugas de la diva : "la tradition" par Gil Florini

  • 1 mai
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 mai


Zine et Gil Florini devant les escaliers de l'Abbaye de Saint-Pons en mai 2024
Zine et Gil Florini devant les escaliers de l'Abbaye de Saint-Pons en mai 2024

Tradition vivante : croire, transmettre, créer


Ce texte développe une idée centrale simple mais exigeante : une tradition qui ne bouge pas meurt, et une culture qui n’est pas transmise activement disparaît.

Ce propos a été tenu par le prêtre Gil Florini à l’église Saint Roch à Nice, le 11 avril 2026, lors de la cérémonie « Cantar lo Sacrat ».




Thomas : croire sans avoir vu


Le prénom « Thomas » signifie « jumeau ».

La lecture proposée inverse l’image classique du « douteur » qui ne croit que ce qu’il voit. Ici, Thomas devient « l’autre moi-même » : celui qui est appelé à croire sans avoir vécu directement les événements fondateurs.

Cette foi repose donc sur une transmission. Nous ne partons pas de rien : nous recevons un héritage de générations qui ont maintenu une mémoire vivante.


La tradition : entre fixation et vie



Le texte attaque une idée répandue : celle d’une tradition figée, immobile, qu’il faudrait conserver intacte.

Cette vision est rejetée sans détour. Une tradition immobile est comparée à un musée ou à un cimetière. Elle cesse alors d’être une culture vivante pour devenir un objet figé, sans impact réel.


À l’inverse, une autre définition est proposée :


la tradition est un ensemble de pratiques, de savoirs et de modèles transmis de génération en génération, souvent par l’exemple. Et c’est précisément ce point qui est décisif : l’exemple vaut plus que le discours.

Si les pratiques ne sont plus incarnées, elles ne peuvent plus être transmises. Et si elles ne sont pas transmises, elles disparaissent, même si on prétend les défendre.



Le rôle de l’exemple


Le texte insiste sur un point sans ambiguïté :

on ne transmet pas une tradition uniquement en la racontant, mais en la vivant.

Sans cela, les générations suivantes ne peuvent pas comprendre ce qu’elles sont censées recevoir. Elles ne devinent pas les règles, elles ne les inventent pas : elles apprennent ce qui est montré.


Cette idée est étendue à tous les domaines : culture, société, éducation, vie collective. Une transmission sans incarnation produit du vide.


Transmission, autorité et apprentissage


Le discours aborde ensuite la question de l’éducation et du cadre.

Apprendre suppose des repères. La liberté de penser ou d’agir ne fonctionne pas sans apprentissage préalable. La désobéissance elle-même n’a de sens que si elle s’appuie sur la connaissance de la règle.

Sans cela, ce n’est pas une forme de liberté, mais une absence de cadre et de compréhension.


Culture et langue : un enjeu vivant


Le texte évoque aussi la culture niçoise et la langue comme exemple concret de tradition en danger si elle n’est pas pratiquée.

Une langue ne survit pas par la nostalgie ou la commémoration. Elle survit si elle est utilisée, écrite, chantée, recréée aujourd’hui.

C’est dans ce cadre qu’est soulignée l’importance des artistes contemporains qui font vivre cette langue, dont Zine, citée dans la préparation de la célébration. Sans création actuelle, la tradition devient simple archive.


La résurrection comme présent, pas souvenir


Un autre point important est la lecture de la résurrection : elle n’est pas un événement passé figé, mais une réalité actuelle.


La foi n’est donc pas une mémoire morte, mais une dynamique présente. Elle se vit aujourd’hui, et c’est cette actualité qui lui donne sa force.


Entre passé et futur : transformer sans trahir


Une référence philosophique à Jean-Marie Domenach vient structurer l’ensemble : il s’agit de transformer la tradition sans la nier, comme la Renaissance a su le faire avec l’Antiquité.

L’idée n’est ni de conserver à l’identique, ni de tout détruire. Il s’agit de s’appuyer sur le passé comme un tremplin pour créer du neuf.

Le passé n’est pas un modèle à reproduire, mais une matière à transformer.


Flamme ou cendre : le sens de l’héritage


Cette tension entre mémoire et création est résumée par Jean Jaurès :

« Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre. »— Jean Jaurès, janvier 1910, Chambre des députés, in Pages choisies, éd. Rieder, 1922, p. 115

Cette citation éclaire directement le cœur du propos : l’héritage n’a de sens que s’il est transmis comme une flamme vivante, et non conservé comme une cendre inerte.




Conclusion


« La tradition n’est pas la conservation des cendres, mais la préservation du feu. »


Voici la vidéo de la déclaration exacte du prêtre Gil Florini lors de la célébration :



Voici un extrait de l'Ave Maria en niçois chanté lors de cette cérémonie.



Et enfin, voici un court reportage de la Ville de Nice :



Et enfin, voici une inscription que l'on trouve sur un monument religieux de la place Bellevue à Falicon, ou réside Zine, qui a marqué son enfance :




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