top of page

Hymne de Falicon — la chanson qui raconte l'âme du village

16 mai
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

autoproduction - label "Fin'amor e gai saber" en 2026 - UPC: 825233272761

auteur-compositeur-interprète : Zine


vue du village de FALICON
Le magnifique village de Falicon

La genèse d'une chanson attendue


"Cette chanson est née d'une belle aventure humaine et d'un attachement profond au village de Falicon, où je réside et que je connais depuis toute petite : mon grand-père y était exploitant agricole, avant de vendre sa récolte au marché de la Libération.


Depuis plusieurs années, de nombreux habitants me demandaient d'écrire une chanson qui raconte l'âme du village — ses collines, ses souvenirs, sa lumière, et cette atmosphère si particulière qui rassemble les générations.


Touchée par ces demandes répétées, et par l'amour que les villageois portent à leur terre, j'ai eu envie de composer un véritable hymne populaire, simple et sincère, capable de faire résonner la mémoire et le cœur de ceux qui vivent ici ou qui y restent attachés.


Avec cet Hymne de Falicon, j'ai voulu rendre hommage à la beauté du village, à son identité provençale et niçoise, mais aussi à toutes celles et ceux qui le font vivre chaque jour. Cette chanson s'inscrit dans mon univers artistique, entre chanson populaire, culture régionale et poésie du quotidien."


Zine

Portrait de Zine
Zine, artiste faliconnaise, qui a composé les paroles et la musique, ainsi que les arrangements

Un village à raconter


Derrière la chanson, c'est tout un territoire qui se dévoile :


Une devise à hauteur d'homme :

« Falicon, la doçor de la vida »,

attribuée à Jules Romains, dit à elle seule ce qui fait le charme de Falicon.


Des légendes qui se transmettent : une pyramide, une grotte avec une sorcière et un thé pris avec la Reine d'Angleterre !


A Falicon, on trouve des légendes qui se transmettent :


par exemple, la sorcière Castarougna et la grotte de la Ratapignata...— littéralement la « grotte de la chauve-souris » en niçois — est redécouverte en 1803 par Domenico Rossetti, poète-avocat siennois et franc-maçon, qui lui consacre l'année suivante un poème en trois chants.


C'est au-dessus de son entrée, au lieu-dit les Giaïnes, qu'est édifiée peu après une étrange pyramide de pierre — sans doute entre 1812 et 1823, probablement à l'initiative de familles locales proches des cercles maçonniques de l'époque, en pleine vogue d'égyptomanie.


Aujourd'hui largement en ruines, elle est devenue au XXe siècle un petit haut lieu d'ésotérisme qui continue d'intriguer chercheurs et curieux. C'est là que vivrait la sorcière "Castarougna", entourée de ses chauve-souris !


La grotte, elle, renferme un pilier né de la rencontre d'une stalactite et d'une stalagmite, et reste étudiée par les archéologues de l'Institut de Préhistoire et d'Archéologie Alpes-Méditerranée.


  • Pyramide de Falicon
  • vue de la Pyramide de Falicon

Voici la vue sur la pyramide et la grotte, et la vue de cette pyramide sur la mer.


Autre histoire du village : celle de la reine d'Angleterre et son âne, au « Thé de la Reine » : le « Tè de la Regina » du deuxième couplet n'est pas une invention.


La reine Victoria a passé ses cinq derniers hivers sur la Côte d'Azur, de 1895 à 1899, résidant à l'Hôtel Excelsior Regina de Cimiez, plus connu aujourd'hui sous le nom de "Palais Regina".


Chaque matin la reine, elle sillonnait les jardins en carriole tirée par son âne Jacquot, acheté en Provence ; l'après-midi, elle partait en calèche explorer les collines et les villages alentour — et Falicon en faisait partie.


Elle y prenait le thé dans une auberge restée depuis « Le Thé de la Reine », à laquelle le village a dédié une place, et dont le restaurant existe toujours aujourd'hui. Que la reine soit montée jusqu'ici à dos d'âne, comme le veut la légende locale, n'a rien d'invraisemblable : c'était précisément sa façon de se déplacer dans les collines niçoises.


Le thé de la Reine à l'époque
Le thé de la Reine à l'époque

Un détail que les archives ne confirment pas pour Falicon en particulier, mais que la mémoire du village a gardé.


Vous pouvez acheter le livre qui raconte cette histoire de l'âne Jacquot chez Les Niçois d'Adèle.



La faune et la flores à l'honneur dans la chanson


Un terroir vivant : oliviers, œillets, restanques en pierre sèche et ruches — Falicon cultive depuis toujours son terrain escarpé et sa nature typiquement méditerrannéenne.


Et la chanson le reprend avec ardeur.


  • Oeillet de Falicon
  • olivier niçois

La culture des œillets (avec la fête de l'oeillet annuelle) et de l'olivier, toujours présente à Falicon


Une ruelle du village décorée avec des oeillets, lors de la traditionnelle fête de l'oeiller du mois d'avril.
Une ruelle du village décorée avec des oeillets, lors de la traditionnelle fête de l'oeiller du mois d'avril.

La faune ce ce village, plus discrète (à part pour les sangliers qui viennent du vallon et de la forêt jusqu'à la lisère des maisons) est évoquée aussi dans la chanson :


  • le faucon qui veille sur la falaise (il aurait peut-être donné son nom qu village),

  • l'aigle niçois qui plane au-dessus du Mont Chauve, ils sont donc tous les deux amis, le fauson et l'aigle, comme le sont Falicon et Nice,

  • et la ratapinhata — la chauve-souris — qui niche dans sa grotte, la grotte de la "Ratapignata".


  • ratapignata
  • faucon pélerin
  • aigle niçois


La patrimoine bâti n'est pas oublié dans la chanson :


les portes du village (Saint-François, Saint-Vincent, la porte en chicane), les chapelles Saint-Sébastien et Sainte-Croix, et le hameau des Giaïnes sont cités comme de grandes fiertés pour les villageois... A vous de venir visiter le village pour les découvrir !


Porte Saint-François à Falicon
La porte Saint-François de Falicon, citée dans la chanson "Hymne de Falicon"

Une eau porteuse de mémoire :


Découvrez aussi, si vous ne le savez pas déjà, que le vers « la Vesubìa en la fònt » n'est pas une simple image poétique de l'hymne du village.


Quand le canal de la Vésubie atteint les collines niçoises en 1885, il rend possible l'irrigation de coteaux jusque-là plantés presque uniquement d'oliviers, et ouvre la voie à la culture de l'œillet, plus gourmande en eau — exactement ce que racontent les deux premiers vers du couplet.

La fontaine du village, datée de 1895, porte la trace de cette histoire qui a réellement changé le visage du village et de ses habitants :


une véritable révolution à l'époque !

(et encore de nos jours, mais nous avons tendance à parfois l'oublier).


Carte postale ancienne de la fontaine principale du village



Et enfin, bien sûr, la chanson parle aussi du ciel préservé de ce beau village de Falicon: loin de toute pollution lumineuse, Falicon offre l'une des plus belles vues sur les étoiles des environs de Nice.


Pour aller plus loin, vous pouvez aussi découvrir d'autres vues du village dans cette galerie (cliquer pour agrandir) : photos Nice Metropole


  • vue de Falicon
  • Falicon vu du ciel
  • vue sur le clocher du village
  • vue d'une maison dans le village
  • vue sur la Mairie de Falicon
  • Place Bellevue
  • un cadran solaire du village
  • l'église du village
  • vue de la commune sur la mer


Voici les différents liens pour écouter ainsi que les paroles :


la blason de Falicon




Paroles niçoises

Traduction française

Falicon, Falicon, « la doçor de la vida »

Falicon, Falicon, villatge pròpi bèu !

Falicon, Falicon, (u)’na plaça agradi(v)a,

Falicon, Falicon, dont cantan lu aucèus !


Villatge emplit d’oliviers

Sentes l’odor dei ulhets

Pòdes audir lu « Cebas-canta » !

Li es la ratapinhata

Li es segur lo Mont Cau

La plaça Bèla Vista !


Quora Mont Cau fa capèu

Que se non ploù : ploura lèu

Anem au « Tè de la Regina » !

Anem Pòrta San Frances

Anem Pòrta San Vincenç

Find(a) ‘a Pòrta en chicana


Un falcon viu sus lo bauç

Rejardja l’aigla nissarda

Son tots lu/totai doi amics

Li son de lops e reinarts

E bessai mesme una masca

Bauma de la Ratapinhata


Li son de chapelas pulidas

Santa-Crotz e San-Sebastian

La meravilha dei ja(ç)inas

De bèli restancas demòran

La Vesubìa en la fònt

E la nuech li estèlas

Falicon, Falicon, « la douceur de la vie »

Falicon, Falicon, village vraiment beau !

Falicon, Falicon, un endroit agréable,

Falicon, Falicon, où chantent les oiseaux !


Village rempli d’oliviers

Tu sens l’odeur des œillets

Tu peux entendre les « Oignons qui chantent »

Il y a la souris suspendue (chauve-souris)

Il y a bien sûr le Mont Chauve

La place Bellevue


Quand il y a un chapeau (de nuages) sur le Mont Chauve

Et qu’il ne pleut pas : il pleuvra bientôt

Nous allons au « Thé de la Reine » !

Nous allons Porte Saint François

Nous allons Porte Saint Vincent

Et aussi à la Porte en chicane


Un faucon vit sur la falaise

Il regarde l’aigle niçois

Il sont tous les deux amis

Il y a des loups et des renards

Et peut-être même une sorcière

Grotte de la Ratapignata


Il y a de belles chapelles

Sainte-Croix et Saint-Sébastien

La merveille du hameau des bergeries « Giaïnes »

De belles restanques perdurent

La Vésubie dans la fontaine

Et la nuit les étoiles







Ce travail de mémoire ne s'arrête pas à la chanson :


Ce travail de mémoire ne s'arrête pas à la chanson : des pistes pédagogiques ont été imaginées pour permettre aux plus jeunes de découvrir ce patrimoine à l'école, autour de la langue niçoise, de l'histoire locale et de l'environnement. Un projet de transmission auprès des écoles du village est actuellement à l'étude.


Par exemple :


image pédagogique sur le terroir Falicon
image pédagogique sur la faune Falicon




Le document récapitulatif présenté ici dessine en réalité un petit curriculum complet autour de la chanson, organisé en huit grandes entrées qui se répondent.


Il part de l'identité du lieu : la devise « la doçor de la vida », attribuée à Jules Romains, sert de porte d'entrée pour faire réfléchir les élèves à ce qui fait, concrètement, la qualité de vie d'un village perché — rythme, sociabilité, lumière.


De là, le texte descend vers le concret : le terroir (oliviers, œillets, restanques en pierre sèche, ruches) comme trace d'un travail paysan qui a façonné le paysage, puis la faune qui y vit encore — faucon, aigle niçois, chauve-souris, et plus haut sur le Mont Chauve le renard, le sanglier, et jusque dans les années 1960 le loup, ce qui ouvre sur l'idée que les milieux naturels changent et que les enfants peuvent observer cette évolution plutôt que la subir sans la comprendre.


Vient ensuite tout un pan d'imaginaire et d'oralité : la grotte de la Ratapignata et la sorcière Castarougna, le conte d'Henriette Penzini, la légende du Thé de la Reine — autant de récits qui appartiennent au patrimoine narratif local et que les élèves peuvent eux-mêmes prolonger en inventant leurs propres histoires.


La langue niçoise elle-même devient objet d'étude : l'étymologie disputée de « Falicon » (faucon ou falaise), le mot « aigla nissarda », les « jaçinas » devenues Giaïnes, la non-prononciation de certaines consonnes finales — la chanson sert de prétexte pour toucher du doigt comment une langue vit et se transforme.


Le patrimoine bâti (portes du village, chapelles, hameau des Giaïnes) et les savoirs populaires (le proverbe météo sur le Mont Cau, l'observation du ciel dans un village sans pollution lumineuse) complètent le tableau, jusqu'à l'histoire et l'archéologie — pyramide, mur cyclopéen, blason et grandes familles — qui donnent une assise scientifique à l'ensemble.


Ce qui frappe, c'est que rien de tout cela n'est traité comme du folklore figé : chaque thème est relié à une discipline scolaire (sciences, histoire, langues, arts) et à une pratique (observer, dessiner, raconter, chanter).


C'est ce qui fait la vraie force de la démarche de transmission : une langue régionale ne survit pas par nostalgie, elle survit quand elle redevient un outil vivant entre les mains de ceux qui vont la porter ensuite.


Une chanson est, de ce point de vue, un vecteur redoutablement efficace — elle passe par la mémoire du corps et de l'oreille avant de passer par la grammaire, elle se chante en groupe, elle crée un souvenir commun bien avant que l'enfant ne comprenne toutes les paroles.



Alors, il vous a plu cet "Hymne de Falicon" ?

Bonne découverte et belle écoute !

bottom of page