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La chanteuse niçoise Zine invitée d'honneur du festival Ghe Semmo! à Campomorone (Gênes)

il y a 4 jours
6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

TRADUCTION EN ITALIEN :


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L'affiche du spectacle de Zine à la Roque-en-Provence

L'artiste niçoise Zine sera l'invitée d'honneur venue de France pour la 8ᵉ édition du festival Ghe Semmo!, qui se tiendra aux Giardini Dossetti del "Cabannun" de Campomorone, près de Gênes.






Origine du nom et concept. 


« Ghe Semmo » signifie en génois quelque chose comme : « On y est » / « Nous sommes là ».

Organisation. Le festival est porté par la Commune de Campomorone, avec Michele Ferroni (alias Mike fC, musicien) comme direction artistique récurrente.


Une invitation qui illustre le sous-titre de cette édition, dalla Liguria e oltre i confini — « de la Ligurie et au-delà des frontières » — puisque la chanteuse partagera l'affiche avec un autre invité venu de l'extérieur de la région, le Sicilien Antonio Clemente, originaire de Trapani.




Voici l'affiche officielle de la manifestation
Voici l'affiche officielle de la manifestation

Depuis huit éditions, ce festival organisé par la Commune de Campomorone, en collaboration avec la Consulta Ligure et avec le soutien de la Città Metropolitana di Genova, met à l'honneur la langue et la culture ligures à travers la musique, la poésie et les traditions populaires.


Objectifs affichés : valoriser la langue et la culture génoises, préserver l'identité culturelle du territoire, favoriser le dialogue intergénérationnel, et élargir les horizons musicaux en dialogue avec d'autres langues régionales italiennes


Zine y interprétera ses chansons en langue niçoise, un répertoire qu'elle défend et transmet également en tant qu'artiste et enseignante dans la région de Nice.


Le concert se déroulera dans il Cabannun, édifice historique construit au XVIIᵉ siècle par la famille Balbi et aujourd'hui reconverti en lieu de culture et de rencontres.


« J'aime profondément ces endroits où les pierres racontent une histoire, où le passé dialogue avec la musique d'aujourd'hui », confie Zine à propos de ce lieu chargé d'histoire où elle se produira pour la première fois.


  • Zine à Gênes
  • Zine à Gênes
  • Zine à Gênes
  • Zine à Gênes
  • Zine à Gênes
  • Zine à Gênes

Voici le lieu de la manifestation



Une journée entière dédiée à la culture ligure :


La manifestation débutera dès 17h00 avec des animations pour les plus jeunes, avant de laisser place à la poésie, à la gastronomie locale, puis à la grande soirée de concerts :


  • 17h00 — Zêughi de 'na (v)òtta : jeux traditionnels pour les enfants, animés par le Gruppo storico sestrese

  • 18h00 — Poêxîe da nòstra tæra : lectures de poésie avec Natalino Trincheri, Danila Olivieri, Paolo Besagno et Antonio Canepa

  • 19h00 — Ouverture des stands gastronomiques, avec les mets et boissons typiques de la tradition ligure

20h45 — Conçertón a-o Cabannun : soirée de concerts réunissant les artistes suivants :


Grandi e Fanti 

Valentina Izzo — La Voce di Genova — portrait

Mike fC e I Demueluin — Site officiel · Wikipédia (it)

Stefano Quarantelli — Chaîne YouTube · Profil Facebook

Invitée niçoise (France) : Zine — Site officiel · Wikipédia

Invité sicilien : Antonio Clemente — Instagram · Site (clemente.one) · Chaîne YouTube 

Invité d'honneur : Mauro Pirovano — Wikipédia (it) · Bio sur Liguriani.com


La soirée sera présentée par Gilberto Volpara, avec la participation de Franco Bampi, et fera l'objet d'une émission spéciale de Scignoria!, diffusée sur Telenord.


Informations pratiques

  • Date : samedi 19 septembre 2026

  • Lieu : Giardini Dossetti – il Cabannun, Campomorone (Gênes, Italie)

  • Entrée : libre et gratuite







Rappels historiques : Gênes, Nice, Sicile : un même royaume avant 1860 ? Ce que dit vraiment l'histoire


L'idée est séduisante — et elle donne du sens à la rencontre, un jour de festival, d'une chanteuse niçoise, d'artistes génois et d'un chanteur sicilien.


Mais l'histoire est un peu plus subtile que « même royaume » : Gênes et Nice ont effectivement partagé la même couronne pendant des siècles, la Sicile non. En revanche, l'année 1860 relie bel et bien les trois destins, mais de façon presque inverse — c'est l'année où Nice quitte ce royaume au moment même où la Sicile y entre.


Nice et Gênes, sujettes de la maison de Savoie

Le comté de Nice est rattaché à la maison de Savoie depuis le Moyen Âge (la ville se donne à elle en 1388, pour échapper à la tutelle de la Provence angevine) et reste dans son giron, avec une interruption pendant la période révolutionnaire et napoléonienne (1793-1814), jusqu'en 1860. Il fait donc partie de ce qui deviendra le royaume de Sardaigne, l'État de la maison de Savoie.


Gênes, ancienne République maritime indépendante et prestigieuse, connaît un sort différent : conquise puis vendue par Napoléon, elle est rattachée au royaume de Sardaigne en 1815, lors du Congrès de Vienne, qui redessine la carte de l'Europe après la chute de l'Empire. L'objectif des grandes puissances est alors de créer, au nord-ouest de l'Italie, un État tampon assez solide pour contenir une éventuelle nouvelle expansion française.

Nice et Gênes appartiennent donc bien, ensemble, au même royaume — celui de Sardaigne — entre 1815 et 1860.

L'Italie pré-unitaire (1860)
L'Italie pré-unitaire (1860)

La Sicile, un cas à part (avec un clin d'œil historique)

La Sicile, elle, n'a jamais fait partie du royaume de Sardaigne avant 1860. Elle appartient au royaume des Deux-Siciles, gouverné par la dynastie des Bourbons de Naples, totalement distinct de l'État savoyard.

Il y a toutefois un clin d'œil amusant dans les archives : c'est justement la Sicile qui est à l'origine du nom « royaume de Sardaigne ». En 1713 (traité d'Utrecht), le duc de Savoie reçoit... la couronne de Sicile, devenant roi de Sicile. Mais dès 1720, il doit l'échanger avec l'Autriche contre la Sardaigne, jugée plus facile à défendre depuis le Piémont. C'est cet échange qui donne naissance au titre de « roi de Sardaigne » porté ensuite par la maison de Savoie pendant plus d'un siècle — sans qu'elle ne remette jamais la main sur la Sicile elle-même.


1860 : la même année, deux mouvements inverses

C'est là que l'histoire devient vraiment intéressante pour raconter ce festival. En 1858, à Plombières, Cavour (Premier ministre du royaume de Sardaigne) et Napoléon III négocient en secret : la France aidera le royaume de Sardaigne à faire la guerre à l'Autriche pour libérer le nord de l'Italie, en échange de la cession de la Savoie et du comté de Nice.


La guerre a lieu en 1859, la France obtient sa part du marché, et le traité de Turin, signé le 24 mars 1860, officialise la cession de Nice à la France — entérinée par un plébiscite les 15-16 avril 1860 (largement favorable au « oui », mais dans des conditions de vote très contrôlées par les autorités françaises et piémontaises).


Au même moment, à quelques mois près, Giuseppe Garibaldi débarque à Marsala, en Sicile, en mai 1860, à la tête de son « expédition des Mille » : en quelques mois, il conquiert la Sicile puis Naples, met fin au royaume des Deux-Siciles, et remet ces territoires... au roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II. Un nouveau plébiscite, en octobre 1860, entérine le rattachement de la Sicile et du royaume de Naples à cet État qui, en mars 1861, devient le royaume d'Italie.


Autrement dit : au moment précis où Nice sort de l'orbite de la maison de Savoie pour devenir française, la Sicile y entre pour devenir italienne. Les deux terres ne se sont donc jamais trouvées réunies dans un même royaume — mais elles se sont « croisées » dans la même page d'histoire, la même année, sous l'effet de la même stratégie de Cavour.


Ce que cela raconte, au fond

Nice, Gênes et la Sicile partagent malgré tout quelque chose de plus profond que la seule appartenance politique : ce sont trois territoires à l'identité linguistique et culturelle forte, restés longtemps à la marge des grands centres de pouvoir, qui ont chacun connu, au XIXᵉ siècle, un bouleversement de souveraineté décidé ailleurs — à Turin, à Paris, à Plombières — sans toujours être consultés dans des conditions équitables.


C'est peut-être cela, plus qu'un partage de couronne, qui explique pourquoi une chanson en niçois, un chant en génois et un air en sicilien peuvent se répondre aussi naturellement sur une même scène.











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